Fish cakes - bridge Konica Minolta 2007

Faut-il acheter un reflex pour faire de la photographie culinaire ?

Photographie culinaire

C’est bientôt Noël et à l’approche des soldes d’hiver, beaucoup d’entre vous sont sûrement en train de se poser cette question devant les promotions alléchantes.

bouchées aux amandes et café

Bouchées aux amandes et le café – Compact Canon 2006

 

Vous êtes sûrement tiraillés entre l’excitation, la culpabilité et le rappel à la raison.

J’avais acheté mon petit reflex Nikon D40x durant les fêtes de fin d’année 2007. C’était une entrée de gamme en promo mais ce n’était pas donné non plus. Cela me demandait donc réflexion. J’étais limite en panique car c’était le plus gros cadeau que j’allais offrir à moi-même. J’avais commencé à faire de la photographie culinaire fin 2006 et presque 1 an plus tard, je voulais déjà m’acheter un reflex.

« Est-ce raisonnable vu le prix ? »

« Est-ce trop tôt ? »

« Ne devrais-je pas plutôt attendre que mon bridge rende l’âme avant ? »

« En ai-je réellement besoin ? »

« Et si je m’en lassais par la suite ? »

Telles étaient les questions que je me posais à l’époque.

Aujourd’hui, je peux vous dire que je ne regrette absolument pas d’avoir acheté mon reflex et que je m’en sers bien sûr encore.

Je reviens donc avec recul sur cette grande question :

« Devrais-je acheter un reflex pour faire de la photographie culinaire ? » 

champignons farcis

Champignons farcis au lard et chèvre – compact Canon 2006

Dans l’absolu, je répondrai « Oui, c’est mieux d’avoir un appareil reflex » mais, tout dépend de ce que vous voulez en faire.

Vous êtes encore novice ? Vous pensez qu’un reflex vous aidera à prendre de splendides photos ? Alors vous partez du mauvais pied.

Le reflex améliore la qualité brute de l’image certes mais le plus important, c’est votre regard.

Si votre regard n’est pas prêt, vous aurez beau acheté tout le meilleur matos du monde, cela n’améliorera pas la qualité « artistique » de vos photos. Culinaire ou non culinaire d’ailleurs. Le reflex n’est pas le matos miracle ! 

Tiramisu au thé vert matcha

Tiramisu au thé vert – compact Canon 2006

 

Je ne vous conseille donc pas d’acheter de reflex dans l’immédiat si vous commencez tout juste à vous intéresser à la photographie… à moins d’être pleins aux as et de n’avoir rien d’autre sous le coude.

Je connais beaucoup de gens qui ont acheté un reflex sur un coup de tête, et pas le moins cher, et qui au final ne s’en sont servis que le temps d’un voyage. Leur reflex ont par la suite pris la poussière. De l’argent jeté à la poubelle et un appareil au potentiel gâché.

Identifiez bien vos besoins. 

Pour ce qui est du regard et de la démarche Artistique en photographie culinaire, je vous invite à lire mon article d’introduction en la matière « Qu’est-ce que la Photographie Culinaire au juste ? ».

Quant aux besoins, je vais vous raconter comment j’ai perçu les miens durant mon parcours. Vous vous reconnaîtrez sûrement à un moment donné. Vous y verrez plus clair et votre démarche sera plus sûre par la suite.

vermicelle curry

Vermicelles de riz au curry – compact Canon 2007

 

Si vous avez lu le billet qui raconte mes débuts, vous savez que j’ai eu le déclic un jour, en voyant des photos culinaires sur Flickr. A partir de ce moment là, je me suis mis en immersion totale dans les tests de photographie culinaire, équipé de mon petit appareil compact Canon. Très vite, je suis passé des « food snapshots » aux photos plus réfléchies. Eclairage naturel, cadrage, arrière plan et impression artistique entraient alors en ligne de compte dans mes compositions. J’étais plutôt content des résultats mais lorsque je comparais mes photos à celles que je voyais sur le net, ça n’allait plus. Je ressentais vraiment les limites d’un compact. C’était en novembre 2006.

 

Cake aux pommes vertes - Bridge Konica Minolta 2007

Cake aux pommes vertes – Bridge Konica Minolta 2007

 

Printemps 2007. Mon petit compact m’a lâché en succombant aux nombreux tests que je lui faisais subir. Je suis resté 1 mois sans pouvoir faire de photographie culinaire. Il ne me venait pas du tout à l’esprit de m’acheter un reflex à ce moment là. La photographie me manquait mais je ne pouvais pas me permettre de prendre un reflex. C’était certes cher mais j’aurais très bien pu me le payer en me restreignant au niveau des autres dépenses.

Ce qui me freinait était la question suivante « Est-ce que la photographie culinaire est réellement une passion pour moi ? ». J’avais juste peur que ce soit passager et que je m’en lasse par la suite. Il était hors de question de casser ma tirelire inutilement.

Peu de temps après, ma mère a décidé de me donner son bridge, un Konica Minolta. Un peu défectueux par moment mais j’en étais hyper content. Il y avait la possibilité de bien zoomer et de faire la balance des blancs. La résolution de l’image était bien meilleure. C’était donc reparti pour un tour, les tests pouvaient donc reprendre. Je progressais très vite en matière de stylisme culinaire et les photos ressemblaient enfin à quelque chose.

Fruits Tropicaux - bridge Konica Minolta 2007

Fruits Tropicaux – bridge Konica Minolta 2007

 

La passion grandissait de jour en jour et je ne faisais presque plus que ça en semaine après le travail et le week-end. Le matin, je me levais en pensant au shooting après mon travail. Le soir, je potassais les livres de recettes avant de m’endormir… cette passion était vraiment réelle et faisait partie de ma vie.

Bien que j’étais content des résultats obtenus et que certaines de mes photos ont finalement réussi à faire la Une sur Flickr, quelque chose me frustrait encore. Je faisais vraiment une fixation sur la « Profondeur des champs » ou de façon plus explicite, le jeu de flou très prononcé qui aide à donner ce côté artistique aux photos. Le bridge que j’avais ne me permettait pas de faire ça. Il me fallait un reflex. Vraiment. C’était un besoin pour aller plus loin dans ce que je fais.

Fish cakes - bridge Konica Minolta 2007

Fish cakes – bridge Konica Minolta 2007

 

Fin décembre 2007, j’ai franchis le cap après m’être posé encore et encore les questions citées au début de cet article. Le reflex que je convoitais était en promo, c’était le moment idéal. Je savais aussi quel objectif il me fallait pour avoir ce fameux jeu de flou tant désiré, le fameux 50mm f1.8 !

Une fois chez moi, je ne pouvais plus attendre et je précipitais pour faire les premiers tests… C’était vraiment un autre monde. Je sentais que j’allais pouvoir améliorer mes photos et que d’autres possibilités créatives allaient s’ouvrir à moi grâce à ce nouvel équipement.

Cette passion est encore là au jour d’aujourd’hui, à l’heure où j’écris ce billet. Je prends toujours autant de plaisirs à ce faire ce que je fais.

Je n’aurais jamais acheté de reflex directement sans passer par les cases compact et bridge. A chacune des étapes, j’ai pu apprendre les fondamentaux avec ce que j’avais et à identifier mes besoins. C’est précisément grâce à ce parcours d’apprentissage que j’ai su exploiter mon reflex par la suite.

Tout cela pour dire que « Oui, c’est mieux d’avoir un reflex pour faire de la photographie culinaire » mais, si vous débutez et que vous avez un compact, un bridge ou un smartphone, entraînez-vous d’abord avec pendant un certain temps. Ces appareils sont de très bonne qualité de nos jours et pourraient peut-être vous convenir dans ce que vous voulez faire si vous apprenez à mieux les exploiter. Le reflex ne vous aidera pas faire de miracle si vous n’avez pas encore de « démarche artistique » (chose la plus primordiale). Prenez donc un reflex lorsque vous êtes sûr de ce qu’il peut vous apporter dans vos photos. Et bien sûr, si vous avez les moyens, rien ne vous empêche de prendre un reflex de suite…

Gâteau fraise ananas - bridge Konica Minolta 2007

Gâteau fraise ananas – bridge Konica Minolta 2007

 

Il n’y a pas vraiment de règle absolue tout compte fait. Tout le monde n’a pas besoin d’un reflex pour s’épanouir dans l’Art de le Photographie Culinaire. Instagram est le meilleur des exemples. Certains membres blogueurs de Flickr ont laissé leur reflex de côté pour exprimer leur talent sur Instagram à l’aide des images prises avec leur smartphone. L’équipement n’est plus le même mais le regard du photographe demeure dans leur travail, ça se reconnait.

J’espère que ce billet vous aidera mieux à voir les choses si vous êtes en pleine période d’hésitation. N’hésitez pas à partager et à me faire savoir si vous avez aimé 🙂